Orlina

Rien de bien intéressent ne se trouve ici à qui ne sait pas voir, ne sait pas comprendre. En fait...c'est juste l'empire d'une littéraire. La prison dorée d'une prisonnière. Le royaume d'une rêveuse. Un chez-moi/soi. Moi! Vous voyez? Rien de bien exitant... Vous passeriez votre chemin sans un regard en arrière que je n'en serais pas offusquée.

Friday, May 26, 2006

Pour une fois que c’est moi qui rayonne dans ce monde obscur…


*Cette image est la propriété de Jeff Thomas*


Tu sais, j’ai toujours été quelqu’un de sombre, quelqu’un de renfermé.

Je n’ai jamais réellement eu d’amis… Je veux dire de vrais amis qui pourraient tout faire pour moi et pour qui je donnerais ma vie sans une seconde pensée.

Je n’ai pas connu de grands bonheurs étant gamin, pas même des petits. Je crois que, d’autant que je me souvienne, j’ai toujours compris le sens du mot malheur, mais que le bonheur m’était inconnu.

Je pensais que la vie que je menais était normale, que tous les enfants étaient traités comme je l’étais. Que tous les parents étaient durs et sévères, quoi qu’à l’époque je ne savais même pas que mon père était dur, je l’ai toujours pensé juste et bon, c’était moi le fautif…toujours.
C’était ce qu’il me disait, ce que je croyais naïvement.
Mon père ne pouvait être mauvais, tu comprends, il ne le pouvait !

Je me raccrochais à ça comme à une bouée de sauvetage.

Mais au fond de moi, je crois que j’ai toujours su que ma vie n’était pas normale.
C’est vrai, les enfants que je croisais parfois étaient tous souriant, heureux, ils rayonnaient, alors que moi, caché dans les jupes de ma mère j’avais peur de leurs sourires.
Pourquoi me souriaient-ils donc ?

--

Mais j’aurais dû profiter de ces sourires qui m’étaient si étranger à l’époque.
Ils ne le sont que plus aujourd’hui, alors qu’adulte je ne reçois que regard sombre, méprisant ou apeuré.

C’est ce que j’ai gagné pour être ce que je suis :

Quelqu’un qui n’a ni un bon fond, ni un mauvais.

Quelqu’un qui a fait une erreur sur laquelle on le juge toute sa vie.

Quelqu’un qui bien qu’en vie ne vit pas.

Quelqu’un qui n’attendait plus rien de son existence.


Alors tu sais, je t’en veux un peu.
On s’habitue à tout, tu sais ! A tout même au pire. Même à être vide à l’intérieur, même à la tristesse, à la peur. On s’habitue à être seul, la solitude est même reposante parfois. On s’habitue à la haine de tous contre soi. On s’habitue, tu sais.
Je m’y étais habitué moi.

Je n’attendais plus rien, moi.

Surtout pas toi !

--

Et pourtant, regarde ce reflet dans le miroir. Est-ce vraiment moi ?
Je ne savais plus que mon visage rigide était encore capable de s’animer. Un sourire, ça ressemble donc à ça ? Que c’est curieux sur mon visage !
Je n’y suis pas habitué…le serais-je un jour ?
Et puis ces yeux noirs, ces yeux qui ne reflétaient plus que des sentiments étrangers à mon âme, ces yeux qui n’étaient plus le reflet de quoi que ce soit de vivant, ces yeux noirs éteint, sans plus de lueur de vie que deux orifices vides. Ces mêmes yeux, comment se fait-il qu’ils scintillent ? Comme s’ils ressuscitaient ! Comme s’ils renaissaient à la vie par un quelconque miracle.

Ce miracle c’est toi, n’est ce pas ?

Car ce qui me fait sourire c’est toi. Et ce son étranger sortant de ma bouche, caractéristique de mon bien-être présent, c’est parce que tu es près de moi, c’est ça ?

Je commence à comprendre !

Si mes yeux brillent, c’est qu’ils te regardent.

Si mon corps s’anime c’est qu’il est contre le tien.

Si je frémis c’est parce que tu es si beau.

Et si je revis, c’est parce que je t’aime.

Amour ?

Je ne pensais ne jamais démontrer une quelconque capacité à aimer. Comme quoi…

Et si tout mon passé n’a dès lors plus d’importance, c’est parce que tu viens de me promettre de partager mon présent pour qu’on construise un futur ensemble ?


Et si ces mots, qui auraient pu me paraître si insensés il y a quelques temps, me paraissent si naturels et beaux à ce jour, c’est parce que tu me l’as dis, n’est-ce pas ?

Que tu m’aimes !

Tu me l’as dis.Tu me l’as avoué.Tu me l’as écris.Tu me l’as crié.Tu me l’as montré.
Tu me l’as caressé.

Sur mon corps, mon visage, ma bouche, mon cœur…

Tu sais j’ai peur !

Mais c’est bien, c’est mieux !

Et tu sais, à ça aussi je pourrais m’y habituer.
Me réveiller chaque matin dans tes bras, m’endormir en toi, t’entendre crier mon nom, et moi murmurer le tien tout bas.
Je peux m’habituer à ça !



Et maintenant, lorsque je suis seul, parmi tous ces gens qui me méprisent, parmi tous ces êtres ennemis, je ne peux m’empêcher de leur sourire.
Ils sont tous maussades, ils sont tous abattus, et mon sourire leur donne envie de me tuer.

Car oui, moi, horrible personnage que je suis, je suis heureux, eux non.

Mais ça m’est égale.

Pour une fois que c’est moi qui rayonne dans ce monde obscur…

Merci à toi, pour tout ça, pour tout…tout.

Merci mon ange !

1 Comments:

Anonymous Anonymous said...

Waw!On a qu'une envie, c'est de continuer encore et encore cette lecture..
c'est magnifique
Paupau

3:36 PM  

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